Résidence principale : acheter ou louer ? Le guide du bon arbitrage patrimonial
En tant que conseiller patrimonial, l’une des premières questions posées par mes clients est la suivante : « Faut-il acheter sa résidence principale ? »
Cette interrogation, apparemment simple, soulève en réalité des enjeux financiers, fiscaux et patrimoniaux profonds. Si l’achat de sa résidence principale peut répondre à un besoin de stabilité personnelle, il convient d’analyser froidement son impact sur la construction de votre patrimoine.
Car contrairement aux idées reçues, ce n’est pas toujours un choix gagnant. Et la plus-value réalisée à la revente ne garantit pas un résultat net positif, une nuance essentielle que nous allons explorer ensemble.
Table des matières
L’acquisition d’une résidence principale : une opération coûteuse et peu productive
Des frais d’acquisition élevés et non récupérables
L’achat immobilier supporte des frais significatifs :
- Frais de notaire : 7 à 8 % dans l’ancien
- Frais d’agence
- Éventuels travaux d’entrée dans les lieux
- Frais bancaires et de garantie
Ces coûts, intégralement supportés par l’acquéreur, ne créent aucune valeur patrimoniale immédiate. Il s’agit de dépenses non récupérables, amortissables uniquement sur le long terme.
L’impact souvent sous-estimé des intérêts d’emprunt
Un crédit immobilier génère une charge d’intérêt importante, notamment sur les premières années du prêt.
👉 Sur un financement de 400 000 € sur 25 ans à 3,75 %, les intérêts totaux peuvent excéder 200 000 €.
Autrement dit, pour acquérir un bien à 400 000 €, vous aurez versé 600 000 € à la banque au terme du crédit.
Ces intérêts n’étant ni récupérables ni fiscalement déductibles, ils représentent un coût pur, sans création de valeur.
Une rentabilité patrimoniale différée… après 15 ans en moyenne
Contrairement à la croyance populaire, il ne faut pas 6 ou 8 ans, mais en moyenne 15 ans en France pour qu’un achat de résidence principale commence à devenir rentable, après prise en compte :
- des frais d’acquisition
- des intérêts du prêt
- des charges courantes
- de la fiscalité locale
Ce seuil n’est atteint que si le marché est haussier et que le bien est correctement valorisé. Or, un grand nombre de ménages revend avant 10 ans, souvent à perte si l’on tient compte de l’ensemble des flux financiers.
Plus-value vs résultat patrimonial : attention à la confusion
Il est fréquent d’entendre : « J’ai fait une belle plus-value à la revente ».
Mais en gestion de patrimoine, ce qui importe réellement, ce n’est pas la plus-value brute, mais le résultat global net de l’opération.
📊 Exemple chiffré : plus-value apparente vs réalité patrimoniale
Hypothèse :
- Prix d’achat du bien : 400 000 €
- Apport personnel : 40 000 €
- Emprunt : 360 000 € sur 25 ans à 3,75 %
- Frais de notaire et agence : 35 000 €
- Travaux initiaux : 25 000 €
- Durée de détention : 10 ans
- Prix de revente : 460 000 €
- Intérêts d’emprunt sur 10 ans : ~80 000 €
- Charges de détention (copro, TF, entretien) sur 10 ans : 30 000 €
- Frais de revente (5 %) : 23 000 €
✅ Plus-value immobilière brute : 460 000 € – 400 000 € = +60 000 €
Mais voyons le résultat net patrimonial réel :

👉 Malgré une plus-value affichée de 60 000 €, le propriétaire subit une perte patrimoniale réelle de 63 000 € sur 10 ans. Une confusion fréquente… mais lourde de conséquences.
Immobilisation de capital et blocage de la capacité d’endettement
Acheter pour y vivre, c’est :
- Immobiliser une part importante de son épargne
- Saturer sa capacité d’endettement pendant 20 à 25 ans
Ce faisant, vous vous privez d’opportunités d’investissement à fort rendement, notamment dans la location meublée courte durée, dont la rentabilité brute peut dépasser 15 %.
Une résidence principale : un actif coûteux… et non productif
Contrairement à un bien locatif, votre résidence principale ne génère :
- Aucun revenu locatif
- Aucune déduction fiscale
- Aucun rendement exploitable
Elle constitue une charge permanente :
- Entretien régulier
- Travaux de rénovation
- Charges de copropriété
- Taxe foncière croissante
Comparatif : résidence principale vs investissement locatif optimisé

Conclusion
Acheter sa résidence principale est un choix de confort personnel. Mais en tant que professionnel du patrimoine, il est essentiel de rappeler que ce choix n’est pas un investissement au sens financier du terme.
✅ Il mobilise du capital
✅ Il génère des charges
✅ Il n’apporte aucun flux positif
✅ Il limite la flexibilité financière et stratégique
👉 À l’inverse, un investissement locatif bien structuré dans une zone à fort potentiel (comme une maison avec piscine en LCD) permet de générer des revenus immédiats, d’optimiser sa fiscalité et de bâtir un actif productif.
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